Anna-Eva Bergman – Passages

Fjord-1968

En même temps que l’exposition Hartung à Paris, le Musée des Beaux Arts de Caen proposait une exposition d’œuvres de Anna-Eva Bergman, son épouse dans le cadre du festival « Les Boréales ». Même si les dimensions n’ont rien de comparables (il y avait 300 œuvres à Paris) l’exposition Anna-Eva Bergman n’était pas moins intéressante, non pas en tant que « expositions d’œuvres de l’épouse de… » mais parce que les œuvres exposées étaient passionnantes. Un regard puissant sur le grand nord, une certaine forme d’abstraction figurative.

Et puis il y a la « Barque noire », qui apparaît comme un condensé de barque, dans une exposition sous le signe des « Passages », un archétype de barque : qui sont les passagers, entre deux lieux, qu’emportent-ils ? Espoirs, objets, souvenirs personnels, familiaux ? Migrants en danger ? La vie de Hartung et Bergman bousculée par l’histoire sous le signe du voyage et des changements de nationalité….

Ou bien la barque du nocher ?

Entre les deux montagnes

Une critique approfondie parue dans Connaissance des arts

Monet – Greco – Hartung

Visite à Paris, le temps d’un aller-retour, arrivé le matin reparti le soir. Une sorte de pèlerinage artistique à trois des quatre peintres de mon Panthéon personnel : Goya, Monet, Hartung et un peu à part Greco. Je désespérais de voir un jour une grande exposition consacrée à Greco, et aussi à Hartung, et voilà que simultanément le Grand Palais présente Greco et Le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris Hartung !

Mon train est avancé, ou je suis déplacé sur un autre que celui de la réservation et j’arrive plus tôt que prévu, je flane en allant vers la Seine, je passe devant le jardin des Tuileries, je fais un détour vers l’Orangerie, les Nymphéas, une de mes premières émotions artistiques, toujours renouvelée, s’immerger dans la peinture, s’absorber dans les vibrations de l’eau, de la lumière, des reflets….

Puis Greco, derrière les « bondieuseries » : la peinture. Difficile de dire plus, un élan, une présence, des émotions, une peinture à nulle autre pareille, une palette reconnaissable entre toutes, une geste, un mouvement que l’on ne retrouvera que dans les peintres de la fin du XIXème ou du XXème Cézanne, Picasso par exemple (les Baigneurs, Les demoiselles d’Avignon). Greco dans toute sa splendeur, dans toute la variété de sa penture, portraitiste exceptionnel, maître de la lumière… Il manque un tableau, mais sans doute fut-il impossible de le faire venir, la vue de Tolède qui est au Metropolitan de New York, paysage sans égal dans l’histoire de la peinture me semble-t-il. Mais Greco en a placé un petit aperçu, « sous les pieds d’un cheval » !

Pour la vue de Tolède, c’est ici

Et puis Hartung ! Vraiment un autre peintre exceptionnel, original, l’un des premiers peintres de l’abstraction pure, ou de la peinture pure, l’émotion par la peinture seule, et de quelle façon ! Moins de monde, plus de place pour regarder, s’absorber dans la peinture pure, la lumière, l’ombre, les couleurs, l’épaisseur égratignée, scarifiée, des couches de peinture pulvérisée, vaporisée…. Une exposition qui met en évidence un travail de recherche dont on aurait pu (dont on a pu) penser à certains moments qu’il conduisait à une impasse, et qui aboutit à des toiles « éblouissantes »,  « bouleversantes ». Hartung dont un document du Musée d’Art Moderne de la ville de Paris rappelle qu’il était particulièrement connaisseur de Goya et Greco (mais pas que bien sûr).

Galerie – On ne passe jamais deux fois devant le même chantier

Janvier 2018 – juillet 2019 18 mois de suivi photographique des chantiers du Tramway à Caen, dans le cadre d’une convention entre Objectif image 14 (collectif de photographes amateurs de Caen) et Tramcités. Préparation des dernières expositions dont Hérouville Saint Clair, Hall de l’Hôtel de Ville du 11 mai au 11 juin.

En préparant ce suivi, au cours de mes lectures, rencontre avec Claude Simon (1913 – 2005 ; écrivain, Prix Nobel de littérature en 1985), dont la lecture a soutenu le parti que j’avais pris de tenter de rendre compte de la difficulté à construire une image réaliste des chantiers par des « compositions photographiques ». Une façon de rendre compte du « chaos » apparent des travaux et de leur évolution, imprévisible pour le passant.

Ce petit coup de chapeau à Claude Simon n’est pas une cuistrerie gratuite, (re)découvrant l’auteur grâce à une auteure allemande qui a travaillé sur Claude Simon et la Photographie (Irène Albers : Claude Simon – Moments photographiques) j’ai trouvé dans la lecture de Claude Simon une démarche qui a conforté la mienne, un encouragement dans le souci de tenter de rendre le désordre bruyant du monde des chantiers (qui n’est peut-être que la métaphore du désordre du monde ambiant qui n’est peut-être qu’un chantier permanent), mais aussi rendre la perception mentale de ce désordre avant que nous n’essayions d’y mettre de l’ordre, par une tentative d’accommodation, par le cadrage, l’instantané, la mise en perspective d’une saisie partielle.

 

On ne passe jamais deux fois devant le même chantier

Exposition d’Objectif image 14 sur les chantiers du tramway. Un an de suivi des chantiers, au gré des regards de chacun des photographes engagés dans ce projet. Je présente 19 photographies, ou plutôt 19 compositions photographiques.

Trois ensembles de compositions

Ce petit coup de chapeau à Claude Simon n’est pas une cuistrerie gratuite, (re)découvrant l’auteur grâce à une auteure allemande qui a travaillé sur Claude Simon et la Photographie (Irène Albers : Claude Simon Moments photographiques) j’ai trouvé dans la lecture de Claude Simon une démarche qui a conforté la mienne, un encouragement dans le souci de rendre le désordre bruyant du monde des chantiers (qui n’est peut-être que la métaphore du désordre du monde ambiant qui n’est peut-être qu’un chantier permanent). Mais aussi rendre la perception mentale de ce désordre avant que nous n’essayions d’y mettre de l’ordre, par le cadrage, l’instantané, la mise en perspective d’une saisie partielle.

Tramway 2019 – Fleury Sur Orne

Deuxième exposition, un partenariat Tramcités – Objectif image 14 et le Centre Socio Culturel de Fleury Sur Orne. Une quarantaine de photographies sur les chantiers du Tramway, avec bien sûr un certain nombre de photographies consacrées aux chantiers qui traversent la commune et à celui du centre de maintenance du futur Tramway. Mes 5 photographies.

Tramway 2019 – Grâce de Dieu

La pose des premiers rails

 

Depuis le mis de janvier 2018, Caen est traversé par les travaux de changement de Tramway. Travaux très, très importants, du nord au sud, et joignant des villes de la communauté urbaine, Ifs, Fleury, Hérouville Saint-Clair.

Dans le cadre d’une convention avec Tramcités, qui pilote les travaux pour la Communauté Urbaine, des photographes d’Objectif Image 14, dont je suis adhérent, ont suivi les travaux, et vont continuer jusqu’à l’inauguration. Plusieurs expositions vont être organisées en différents endroits de la communauté urbaine, comportant notamment des photos des travaux dans le quartier concerné.

Première exposition dans le quartier de la Grâce de Dieu. Ci-dessous les cinq photographies que j’y présente. En fait je devrais plutôt parler de « Compositions Photographiques ».

Exposition au Centre Socio Culturel CAF de la Grâce de Dieu (Caen)

A long Coat on a Dark Street

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A l’origine de ces photos un « défi », proposé par Etienne Samson, président de l’association Mine d’arts : réaliser des photos inspirées par un air de musique, proposé par des musiciens. En fait le défi concerne aussi des plasticiens, des dessinateurs de BD…, le tout sera présenté lors d’une soirée (le 21 octobre) de  3 concerts dans lesquels les musiciens incluront le dit air, et les artistes (mais je ne prétend pas en être un) présenteront leurs œuvres.

Un beau moment, de belles rencontres, des échanges riches, l’interdisciplinarité en arts c’est toujours plein de promesses.

L’air qui m’est échu : « A Long coat on a dark street ».  Guitare basse, flute et batterie. Le trio Jammerz. J’ai été emballé par cet air, que j’ai réécouté de nombreuses fois, notant les images acoustiques, les mots que j’associais aux différents moments du morceau : entre une sérénité mobile, balancée, puis un cri de flute.  Flora Pilet (voir les pages « Danse ») a accepté de porter le long manteau, une cape en fait…, que j’ai empruntée. L’élégance de la danseuse dans la nuit, et puis par surprise… s’est invitée une figure « Begmanienne » directement sortie du 7ème sceau…. dans les venelles du Vaugueux à Caen.

Les musiciens ont été très content de l’interprétation, d’où de beau moments d’échanges. Merci à eux : Jérémy Lecouflet, Hoël Bouh, et Tootsie Fly. Leur page Facebook : Jammerz Trio.