Baie du Mont Saint Michel (de nouveau)

La baie est à 100 km de Caen, quelque chose comme 98 km entre Genêts et Caen à vol d’oiseau. ça tombe bien parce que c’est justement le genre d’endroit où l’on a envie d’aller après deux mois de confinement. Et ça tombe bien parce qu’il fait beau et que l’endroit n’a rien perdu ni de son charme ni de son éclat. Même si d’année en année le paysage change, les cours d’eau voient leurs cours se modifier, les herbus qui ont reculé pendant un temps gagnent sur la mer maintenant, de ce côté ci de la baie en tout cas.

Mais le charme est intact, la magie du lieu, le calme, la lumière, le bruit de l’eau quand elle monte, même si ce n’étaient pas de grandes marées…. La présence du Mont et de Tombelaine.

Pour les moutons comme pour le promeneur il faisait chaud….

Éloge du coquelicot [4] et de l’églantine – Éloge de l’ombre

Au cours d’une balade dans la baie du Mont Saint Michel, il faisait très chaud, du coup une attention spéciale aux fleurs qui se trouvaient à l’ombre. En faisant le tri, entre deux interventions sur les fichiers RAW, me vient le titre d’un livre : Eloge de l’ombre, Tanizaki Junichiro. Une phrase à propos des objets en laque dont il dit qu’ils étaient « … conçus pour être devinés, dans un lieu obscur, dans une lueur diffuse, qui, par instant, en révèle l’un ou l’autre détail, de telle sorte que, … il suscite des résonances inexprimables » . Eloge de l’Ombre p 43.

ça leur va très bien, l’ombre, aux coquelicots et aux églantines. Je crois bien que l’églantine est la fleur que je préfère, la délicatesses de la simplicité parfaite.

Éloge du coquelicot [3] (Nous voulons des coquelicots)

Les petites promenades du matin, pendant le « confinement », et l’après midi avec mon père, m’ont fait rencontrer des coquelicots, qui m’ont semblé plus rouges cette année (allez savoir pourquoi) à l’exception de ces coquelicots roses sur un chantier, comme je n’en avais jamais vu. Alors poursuivons l’éloge des coquelicots, la fleur « gratuite » par excellence, fragile et insistante, qui revient quand on ne l’attend pas, sorte de mauvaise conscience, la nature incontrôlable, qui revient par les talus, les murs un peu délaissés.

La Bataille [3 suite]

Il y a quelque chose de fascinant dans le spectacle de la reconquête du terrain par la végétation. Celle-ci semble exploser ces deux dernières années, elle dévore l’usine et en ce printemps troublé, cela a quelques chose d’un rappel : « Vous n’êtes que de passage ».

Depuis mon précédent passage le niveau de l’Orne a sensiblement baissé.

 

 

La Bataille [3] (Nature vs Usine) La cathédrale engloutie

11 mai 2020, « déconfinement » (un mot qui n’existait pas….) première grande balade autour de Clécy, du Vey, passant pour finir par la filature de « La Bataille ». La végétation explose et semble commencer à prendre le dessus, il y a beaucoup de vent, une quasi tempête, je reste au bord…. prudence est mère de sureté, nous sommes dans des temps de prudence…. Quelques photos quand même. Je projette d’y retourner incessamment profiter de l’exubérance de la nature dans son assaut contre les restes de l’usine. Celle-ci a par endroits, sous certains angles, des airs de cathédrale engloutie, de temple qui perd la bataille contre une nature qui l’envahit.

Des travaux ont eu lieu pour aménager l’accès à l’eau sur les devant de l’usine, y aurait-il des projets ?

Anna-Eva Bergman – Passages

Fjord-1968

En même temps que l’exposition Hartung à Paris, le Musée des Beaux Arts de Caen proposait une exposition d’œuvres de Anna-Eva Bergman, son épouse dans le cadre du festival « Les Boréales ». Même si les dimensions n’ont rien de comparables (il y avait 300 œuvres à Paris) l’exposition Anna-Eva Bergman n’était pas moins intéressante, non pas en tant que « expositions d’œuvres de l’épouse de… » mais parce que les œuvres exposées étaient passionnantes. Un regard puissant sur le grand nord, une certaine forme d’abstraction figurative.

Et puis il y a la « Barque noire », qui apparaît comme un condensé de barque, dans une exposition sous le signe des « Passages », un archétype de barque : qui sont les passagers, entre deux lieux, qu’emportent-ils ? Espoirs, objets, souvenirs personnels, familiaux ? Migrants en danger ? La vie de Hartung et Bergman bousculée par l’histoire sous le signe du voyage et des changements de nationalité….

Ou bien la barque du nocher ?

Entre les deux montagnes

Une critique approfondie parue dans Connaissance des arts